FORD KUGA

SUV de style
Ford est l’un des derniers arrivants sur le marché des SUV compacts (ou prétendus tels). Après quelques expériences plus ou moins heureuses comme le Maverick, clone du Nissan Terrano II ou de l’import en Europe de l’Escape américain, Ford ne semble pas décidé à rester sur le banc de touche et marque son territoire avec un design particulièrement marquant.
Même si son design est moins extrême que celui du concept Iosis X (qui était censé annoncer l’arrivée du Kuga), le Kuga ne fait pas dans la discrétion côté design. Ce n’est certainement pas le SUV qui ne veux pas être un SUV, ni le SUV de celui qui en veux un mais ne veux pas que ses voisins soient au courant Gros museau, grandes roues bien mises en valeur, arrière ramassé, le tout traité dans le ton du Kinetic Design inauguré par les Galaxy, S-Max et Mondeo, en plus expressif encore.
Le Kuga appartient à la famille Focus, dont il reprend la plateforme. Un bon départ, car il s’agit d’une base réputée pour la qualité de ses liaisons au sol, déjà éprouvées par les Focus, C-Max, Mazda3 et 5, Volvo S40, V50 et C70. On remarquera que le groupe Ford propose d’une part le Kuga sur plateforme Focus, d’autre part le Volvo XC60, qui pour sa part reprend celle des grosses Volvo V70 / S80, sachant que le Land Rover Freelander, ex-groupe Ford, disposait d’une troisième plateforme
Une seule motorisation est pour l’instant proposée : le 4 cylindres 2.0 TDCi de 136 ch bien connue, puisqu’il assure les beaux jours de plus d’une quinzaine de modèles dans le groupe, et plus encore si l’on compte les véhicules PSA qui utilisent le même moteur Sans vouloir jouer les devins, on peut penser que d’autres variantes arriveront sous ce capot sculptural dans les mois à venir, et on peut même rêver au 5 cylindres turbo d’origine Volvo comme porte drapeau, histoire de jouer à fond dans l’image 4×4 compact et sportif que veux se donner le Kuga. Il est uniquement proposé avec une boîte 6 manuelle, mais laisse quand même le choix entre 2 ou 4 roues motrices, avec 2.000 d’écart à la clé, et entre 2 versions Trend et Titanium séparées de 1.200.
A bord
En effet, Ford n’est pas allé chercher bien loin sa planche de bord. On retrouve celle du monospace C-Max, presque à l’identique, à part quelques détails. Bonne position de conduite, pas trop typée 4×4 / monospace (mais pas non plus coupé sport, ne poussons pas), des sièges avec un bon maintien et des réglages de bonne amplitude. Le levier de vitesse est bien placé et assez court. Pour ceux qui aiment rouler coude à la portière, un petit rembourrage est prévu sur le chant de porte.
Si le dessin proprement dit de la planche est assez sobre, sa décoration l’est moins. Le noir des plastiques est largement contrasté par l’énorme présence métallisée en façade, qui fait un peu trop clinquante. Les compteurs font dans le sport avec leur présentation, mais aussi dans le clinquant, voir dans le bling-bling avec leur aiguille carrément chromée. Pas du plus bel effet et générateur de reflets indésirables. Coté rangement, si on appréciera le filet le long du tunnel coté passager ou le double porte-gobelet à volet qui permet d’y déposer quelques objets, on se demande bien à quoi peu servir le rangement eu milieu de la planche de bord, totalement inaccessible
A l’arrière, si l’habitabilité, la présence de tablettes ou d’une prise électrique (220V, idéal pour brancher le lecteur DVD) font penser à un véhicule familial, Ford n’est pas allé aussi loin que Volkswagen avec son Tiguan. Point de banquette coulissante, mais simplement une assise relevable et un dossier rabattable, bien à plat avec le coffre. Malgré une banquette relativement accueillante en largeur et un tunnel peu marqué, l’habitabilité arrière n’est pas la qualité première du modèle. Adultes passez votre chemin pour un long trajet… Coté rangements, les passagers arrière sont les parents pauvres : aumonières au dos des sièges, un petit bac en console centrale et pas de bacs de portes…
L’accès au coffre se fait soit en ouvrant la totalité du hayon (muni d’une vraie poignée pour le refermer, soit uniquement la partie supérieure, plus large qu’une simple lunette ouvrante qui évite d’avoir à enrouler le store cache-bagages. La lecture de la fiche technique nous informe que le coffre cube officiellement 410 litres, soit un peu en retrait de ses concurrents. Mais les formes sont assez régulières, avec deux sangles élastiques dans le renfoncements gauche et droite, et des passages de roues qui empiètent assez peu. Sous le plancher situé au niveau du seuil de chargement, un grand bac en polystyrène cloisonné permettra de ranger divers objet. S’il accueille le cache bagages une fois ôté, il risque de ne pas pouvoir prendre en charge votre dernier achat : le pack gilet + triangle + trousse de secours, par absence d’un rangement en longueur Dommage.
Sur la route
Avec son allure de sportif musclé, le Kuga va devoir assurer sur la route. Et sans jouer non plus les karts, il se débrouille plutôt pas mal et peux prétendre aux sommets du segment
Qu’il est loin le temps de Ford au châssis déplorable Après des efforts notables durant les années 90 pour devenir fréquentables (Mondeo, Cougar ou Puma par exemple), les Ford sont carrément devenus des références en la matière depuis l’arrivée de la première Focus en 1998. Partant sur les bases des Focus et C-Max, le Kuga est déjà favorisé par la nature, et au final s’avère être le SUV compact au comportement le plus soigné, à défaut d’être le plus confortable. A l’aise et même agile sur les routes sinueuses avec son châssis rigoureux, doté d’un bon freinage, le Kuga confirme son design. Le confort est préservé, car malgré la fermeté de l’ensemble, l’amortissement est très réussi et servi par des sièges eux aussi assez confortables, malgré un maintien latéral moyen. La direction précise participe largement à la dynamique de l’ensemble.
Le moteur, avec ses 136 ch et son couple de 320 Nm est comme toujours assez plaisant. Bien sûr, il est ici moins performant que dans une Focus berline, et nous dirons qu’il est suffisant pour emmener sans souci cet engin dans le trafic routier. Les dépassements se feront sans aucun problème, y compris avec la famille à bord. La consommation en cycle mixte officielle est donnée à 6.4 l/100 km, ce qui est tout à fait envisageable en usage quotidien, puisque notre galop d’essai s’est soldé par un 6.6 l/100 km, là où d’autres SUV du même gabarit approchent ou dépassent largement les 7 litres. Une conduite coulée avec pied léger devrait permettre d’approcher la barre des 6 litres avec un usage mixte, voir plus proche des 5l sur un trajet purement routier. Malgré tout, avec ses 165 g/km de CO2 en 2 roues motrices, ou 169 en 4 roues motrices, le Kuga devra s’affranchir d’une taxe supplémentaire à l’immatriculation de 200 ou 750 Bien insonorisé, son principal défaut est en fait d’être un peu creux sous les 2000 tr/min.
Conclusion
Sortir un SUV pile au moment où la crise pétrolière et les craintes de réchauffement climatiques heurtent de plein fouet les consciences, et surtout les portes-monnaie, c’est ce que l’on peut appeler manque de malchance (ou de clairvoyance?). Néanmoins, avec ce Kuga, Ford a de quoi tirer son épingle du jeu…
En créant un SUV plus dynamique, par son style comme son comportement, Ford marque de précieux points. Son design lui permet de sortir de la masse et d’attirer l’attention, et il a l’intelligence de confirmer sur la route ce que son design suggère. Il s’avère au final le SUV compact le plus dynamique du marché, mais sans sacrifier au confort, mise à part l’habitabilité aux places arrière, pas catastrophique non plus. On épinglera aussi la modularité qui aurait gagné à être un peu plus soignée (banquette coulissante), et une finition qui doit encore progresser chez Ford, qui reste avec ce modèle en léger retrait des dernières nouveautés de la plupart des concurrents Européens, mais sans être non plus “fini à la truelle”.
Les tarifs sont plutôt soignés, avec l’avantage de proposer une version à 2 roues motrices pour ceux qui ne veulent que le style du SUV. De quoi limiter l’augmentation de consommation par rapport à un C-Max, et les émissions de CO2 par la même occasion (+ 10 g/km). Le Kuga Trend démarre à 27.350 et propose déjà de série climatisation, ESP, multiples airbags, accès / démarrage sans clé, jantes alliage 17?, régulateur de vitesse… Le Titanium (notre essai) qui démarre à 28.550 ajoute une climatisation 2 zones automatique, l’allumage des phares et le cadencement des essuies-glace automatiques, le rétroviseur intérieur électrochrome, le siège passager réglable en hauteur, les tablettes au dos des sièges, le volant cuir ou encore les sièges partiellement habillés de cuir. Si vous voulez un SUV, ne pas avoir l’impression d’être à la barre d’un bateau ivre et n’avez pas les moyens d’acheter un X6, le Kuga est pour vous…
Au fait, Kuga, ça veux dire quoi? Ford n’a jamais donné d’information à ce sujet, à croire que cela ne signifie rien. D’après nos recherche, ce terme désigne au choix des villes (Japon, Chine, Birmanie, République Centrafricaine, Tchad, Liberia), une plante de la famille des Hydrangea (Kuga Variegated), une tribu d’indiens d’Amazonie Péruvienne (Kuga Pakuris) ou encore une rivière de Nouvelle-Guinée. C’est aussi le nom d’un modèle de VTT fabriqué en Nouvelle-Zélande par Keewee…
Par Frederic Papkoff le 30 août 2008







