Dacia Logan MCV

Essai Dacia Logan MCV
Initialement conçue pour les marchés émergents, la Dacia Logan berline a débarqué en Europe de l’Ouest en 2005, la forte demande ayant finalement fait changer le groupe Renault de stratégie commerciale. Boudée par les commerciaux en raison des commissions “low cost” qu’elle leur générait, la berline “Made in Roumanie” a, en revanche, été tout de suite plébiscitée par une nouvelle clientèle découvrant les joies de la voiture neuve grâce à son prix imbattable. Avec 19000 modèles écoulés en France (troisième marché derrière la Roumanie et la Russie) en 2006 et 400.000 dans le monde, son succès ne souffre jusqu’à présent d’aucune discussion. Mais quasiment seule sur son marché, la berline va désormais devoir affronter une concurrente redoutable avec le lancement de sa grande soeur: la Logan MCV pour Multi Convivial Vehicule…
Break de 5 ou 7 places dévoilé lors du dernier Mondial de l’auto, la Logan MCV avait alors suscité un bel enthousiame auprès du public venu la découvrir. Pour preuve, en deux semaines le petit stand Dacia a enregistré 600 commandes ferme de son nouveau modèle tandis que le stand voisin de la marque au losange, qui ne présentait aucune nouveauté, n’en dénombrait que 900.
L’arrivée de ce futur best-seller sur le marché a orienté les objectifs de vente de Dacia à la hausse (30.000 unités dans l’Hexagone avec une proportion de 1/4 de berlines pour 3/4 de MCV). Depuis sa commercialisation, le 9 janvier dernier, les bons de commande affluent, à tel point que les délais de livraison approchent déjà les quatre mois contre six semaines pour la berline.
Destinée à être encore plus polyvalente que sa version tri-corps, la Logan MCV mesure 20 cm de plus en longueur et propose une garde au toit supérieure de 10 cm pour ses passagers. Elle conserve bien entendu sa garde au sol élevée de 155 mm et ses suspensions à grand débattement pour affronter toutes sortes de routes défoncées. Par rapport à la berline, elle dispose en plus d’un ski de protection sous le chassis, de bandes latérales de plus grande dimension et d’un dispositif d’étanchéité de la boite de vitesses renforcé.
A l’intérieur on retrouve la même austérité mais également la même sensation de robustesse que dans la berline aussi bien au niveau des plastiques que de la sellerie. Notre modèle d’essai, une version sept places, proposait un équipement “haut de gamme” avec quatre vitres électriques, un autoradio laser, la climatisation, les jantes alliage, un filet de protection pour les bagages et, motorisation diesel oblige, la direction assistée.
Sous le capot on retrouve donc le bien connu 1.5 dCi de 70 ch qui nous semble bien modeste pour un véhicule capable de transporter sept adultes et pesant le poids, certes contenu pour une voiture de ce gabarit mais tout de même, de 1245 kg. Nous oublions sans doute que le marché principal de la Logan MCV se situe dans des pays où le standard automobile est à des années-lumières de celui de nos contrées d’Europe de l’Ouest. Pour en avoir le coeur net, il ne nous reste plus qu’une chose à faire: tourner la clef de contact et passer la première pour une petite prise en mains de 100 kms sur les jolies routes du Haut Vaucluse et de la Drôme Provençale. En voiture Simone…
En route
Avant de prendre pour la première fois le volant de la fameuse “voiture à 5000 euros“, j’avoue que mes craintes étaient de retourner 10 ou 15 ans en arrière en matière de confort de conduite ou d’insonorisation. Fort heureusement, ce n’est pas dans ces domaines-là que Renault a décidé de faire des économies. Le 1.5 dCi se fait extrêmement discret dans l’habitacle, par ailleurs totalement dépourvu de bruits aérodynamiques parasites. La direction assistée, très démultipliée, se montre précise, tout comme le levier de changement de vitesses. En outre, la tenue de route est tout à fait digne des standards actuels. Il faut dire que la Logan MCV dispose des trains roulants de la Clio II à l’avant et la Modus à l’arrière.
Si elle ne souffre d’aucun défaut mécanique majeur, la nouvelle Dacia ne peut cacher sa conception “low cost” au niveau de certains petits détails. Je peux citer en vrac, les soudures du système de dégivrage arrière apparents tout comme quelques têtes de vis, l’autoradio de qualité très moyenne, ainsi que la disposition assez peu ergonomique des boutons de commande sur la console centrale. Mais, comme je le disais, ce ne sont que de petits défauts, largement acceptables sur un véhicule aussi polyvalent et bon marché.
L’atout principal de la Logan MCV se situe, en effet, au niveau de son très volumineux espace intérieur, jugez plutôt: un volume de chargement de 200 litres en 7 places, qui passe à 700 litres en 5 places et même 2350 litres une fois tous les sièges passagers rabattus. La grande hauteur sous toit de ce break, se rapproche plus de celle d’un monospace et permet à un adulte de 1 m 90 de s’installer sans difficulté sur la troisième rangée de sièges. Cette grande qualité intéressera sans doute certaines professions comme les taxis par exemple. En revanche la faible puissance de la motorisation diesel (70 ch) est un sérieux handicap une fois la voiture chargée mais Renault réfléchit à une version diesel de 90 ch plus en phase avec le gabarit de la Logan.
A des tarifs s’échelonnant entre 8800 et 12500 euros, la Dacia Logan MCV dispose d’excellents atouts pour satisfaire les besoins d’une famille au budget auto serré. Son espace intérieur, sa robustesse, sa fiabilité et surtout son prix séduiront, n’en doutons pas, les (nombreux) conducteurs pour qui l’automobile n’est qu’un moyen de se déplacer d’un point A à un point B.
Photos : la revue automobile
Par Pascal MICHEL le 20 janvier 2007







